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26.05.2008
Gloups
Très ému et tout tourneboulé.
J'avais envoyé un mail l'ADAMI à faire suivre à Marc Ogeret.
Je lui y écrivais comme j'avais été élevé dans ses chansons que j'écoute encore (merci grand frère !), les vinyls dédicacés du patrimoine familial – certains aujourd'hui introuvables en CD – une poignée de main au détour d'une allée de fête de l'Huma 99, mon respect et mon admiration pour son personnage de convictions, d'engagements et d'hommages populaires, combattants et révolutionnaires. Il constitue une part de mon champ affectif et ontologique, comme on dit chez les psys.
Je me suis aussi adressé à lui dans un but intéressé, pour lui parler de ma Didine : un p'tit coup de pouce, quelques tuyaux, des contacts ?
Enfin, je me suis dit que ça lui ferait plaisir un petit coucou.
Il a laissé un message sur mon répondeur aujourd'hui. Je ne m'y attendais pas (d'autant que je n'avais pas laissé mon numéro).
Alors, courage à deux mains et une grande inspiration pris, je l'ai rappelé.
On a un peu papoté du monde de la musique et de son univers impitoyable (les chansons n'appartiennent pas aux chanteurs, mais aux maisons de disques qui décident seules des quelles enregistrées peuvent être entendues), de lieux bénis qui ont tous fermés et de ceux qui continuent de faire vivre la chanson française en vers et contre tout, de la télé, de l'argent, de l'avenir. Je ne savais pas trop quoi dire, en fait. J'étais très intimidé. Je me suis beaucoup répété, très calme et très assuré, pour ne pas trop bafouiller. Je nous aurais surtout bien fait péter un coup de rouge et du siflard.
Il m'a donné son adresse. Je lui enverrai un CD de Sandrine, il est curieux de l'entendre.
C'est drôle la vie. Tout ça ne me ressemble pas, et j'y comprends rien de toute façon.
Aïwa… merci Monsieur Ogeret.

Merde à Vauban – Marc Ogeret [Pierre Seghers/Léo Ferré]
20:14 Publié dans Tranches de lard | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Tendre jeunesse
(merci à Boris Gudlov de m'avoir rappelé cet épisode cul[te])
C'était un rendez-vous
(ça me rappelle un trajet Alès-Avignon torché en 35 mn, tranquillou dans les débris, branches zé autres poubelles volantes [t'ain ch'te jure ! y savent même pas c'que c'est une vraie poubelle les péquenots du Sud ! tous planqués chez eux, merci pour la route libre] emportés par un fort Marin)
Rhalala ! J'me souviens bien. Je faisais pareil.
Sauf que c'était sur ma chiotte en plastique, et hélas à 17h le plus souvent.
Mais c'est marrant ! Pas grand'chose n'a changé depuis 1976 (encore moins depuis 1997, à part les guichets du Louvre maintenant en sens unique).
Toujours les mêmes pavés, les mêmes itinéraires. Toujours le connard place de l'Étoile qui se fout à gauche pour sortir à la prochaine à droite. Le bordel de voies à Opéra et ce con de carrefour de la Trinité. Toujours la rue Lepic emmerdouillée ! Toujours l'échapatoir par la rue Caulaincourt. Des rues qui m'ont vu passer 100 fois, pour livrer à temps (des chèques de millions de francs qui devaient arriver à la chambre de compensation sous peine de lourds agios pour la banque qui me louait, où encore pour des échantillons émanants d'un artiste à la mode absolument avant 18h chez Chanel, que des urgences quoi).
Un seul regret, cependant : ma chiotte ne plafonnait qu'à 110, avec un carburant «amélioré». Les retours tard le soir étaient un peu ennuyeux sans slalom. C'est beaucoup plus amusant quand on s'appelle Lelouch.
Un peu comme ça, mais en moins marseillais (avec de la réalité vraie quoi).
[c'est d'ailleurs n'importe quoi cette séquence ! béquille qui traîne par terre, passage à gauche alors qu'il y'a la place à droite, arrêt inutile et démonstratif au feu rouge, et surtout surtout ! jambe sortie qui ne sert à rien ! à croire qu'il a envie de devenir cul de jatte ce con !)
[merde ! j'oubliais : le Peugeot SV n'était pas une bonne machine, sauf pour les postiers et les bouffons, Piaggio est beaucoup plus fiable et performant]
Mon plus grand plaisir, c'était de fumer les grosses cylindrées : intérieur, extérieur, et bottes secrètes, on aurait dit des éléphants sur des trotinettes plus grosses qu'eux (queues ?). Y'en a même un qui a voulu me casser la gueule un jour, mais sa ZZR 750 était trop lente entre les voitures. Moi j'me marrais (d'une main, l'autre tenant ma clope, le frein ne servant qu'aux imprévus).
Et puis un jour, j'ai cassé une 205 avec mes côtelettes. Le gars faisait la gueule. Le scoot' aussi, mais c'est pas grave : un peu de mécanique, de résine, et ça repart. J'avais évité de justesse un piéton, une jeune personne de petite taille que je n'avais pas vue entre les voitures. J'ai donné ma dém'.
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23.05.2008
Non
00:45 Publié dans Tranches de lard | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22.05.2008
Staying away
Je n'aime pas partir. Ça me donne l'impression de fuir.
Et pourtant, selon toute raison paternelle, maternelle, fraternelle, familiale amicale et de toutes affections diverses et confondues, je devrais quitter ces lieux. La meilleure preuve en est que je les ai désertés. C'est vrai.

Running Away – Bob Marley
Ainsi donc je devrais partir… Je n'ai pas vu mieux ailleurs !
Je ne partirai pas. C'est ici chez moi. C'est ici que je me suis installé et que j'y ai fait mes projets. Commis beaucoup d'erreurs aussi, à corriger : je ne fuirai donc pas. Je reste, d'autre part.
Ça m'a pris du temps mais ça y est : après avoir enlevé les meubles, les tableaux décrochés, expulsé les bibelots et bannis les souvenirs, oublié les sourires les peines ensevelies, réparé les fuites et comblé les fissures, j'ai entrepris de nettoyer les traces. Je lessive les murs de leur histoire accumulée et récure les sols de leurs empreintes déposées en strates brunes jaunies, presque frisées décolorées. C'est bien ça la vie : regarder l'œuvre de la mort, droit dans la profondeur de ses yeux pales irisés pour les redécouvrir d'une main assurée.
Me reste à choisir de nouvelles couleurs pour rafraîchir les surfaces, en plus lisses. Ça, je ne l'ai pas encore décidé. J'hésite encore.
C'est que j'aimerai aussi un jour avoir un jardin pour y voir pousser les chênes et les hêtres, encore en pots, et des sacs de graines lentement ramassées. Prêt à partir pour plus près d'ici.
Je n'ai connu de toute ma vie que les passions, les combats, les montées au front, le départ des militants, le retour des blessés, les débâcles, les désillusions, et à nouveau la résistance, l'insurection, les barricades, la lutte, la chaleur des tranchées de chacun pour tous, l'absence d'aucuns, les hymnes glorieux aux camarades, et la solitude anonyme de mon enfance qu'il a fallut que je construise en adulte brave parmi les braves. À l'écart toujours et encore aujourd'hui, décalé.
Moi, je suis faible, je ne veux pas me battre. Je cherche juste un endroit chez moi, où demeurer près des miens. C'est pourquoi je ne tolère plus aucun abandon ni aucune démission. J'exècre les petits mensonges et les grands rêves. Je ne m'attache plus à qui que ce soit et me méfie de tous par conséquent aussi. (j'ai même élaboré une tactique : je ne suis personne, et si tu veux me trouver il faut me chercher là où je ne suis pas; question d'habitude, je ne suis jamais très loin, peut-être même très près en fait, invisible presque inconsistant)
[2e et 3e parties là :
http://www.youtube.com/watch?v=IdiIURS6Gis
http://www.youtube.com/watch?v=uCs7mNXPT44
]
Par contre, celui qui me fait chier, j'uis explose à la gueule. C'est dit (on n'est pas chez Giono ici).
03:18 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
19.05.2008
Addenda (choisis parmi pléthore)
Elles se rendent pas compte
Grace Jones
01:40 Publié dans Tranches de lard | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.05.2008
Quartier du plaisir
21:56 Publié dans Des muses et des hics | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Specialist in all styles
Ménil'. Encore. Aux Jeux de Pom.
J'y croise Ana et Lamine, forcément. Et puis la Zitouna qui me remercie encore tant que ça m'embarrasse.
Je vais faire un tour au Karton, lieu que je ne connais pas : faut que j'assure un peu mon nouveau boulot de manager. Si j'ai pris la bagnole, c'est pas pour rien.
Salah, le nouveau patron, est très sympa. On papote un peu, il me paye des coups, je lui file quelques astuces déco à pas cher (je vais lui refiler mes trouvailles d'éclairage de ciné abandonnées sur le trottoir de la brocante de la journée : juste quelques lampes et fusibles à changer, un budget de 15 euros à tout péter). Ça manque de lumière(s).
Tout est sous contrôle pour le concert de ma Didine. Je peux me déla(i)sser, enfin. (ne pas oublier de souder quelques fiches XLR dans la semaine pour la synchro vidéo-son de vendredi prochain pour Martine, la vidéaste) Je retourne aux Jeux de Pom boire une prune Coudaire (miam !).
Elle est très jolie et elle sent bon. C'est une amie de la sœur de Pom. Elle est très jeune aussi. Je l'observe à la fois avec désir et candeur.
Elle épluche le gros classeur de CD de l'endroit : «Les infos sur les CD sont peut-être obscures», lui dis-je. (ce sont des CD de compil' gravées qui portent des mentions ésotériques)
– Je peux t'aider ? tu cherches quoi ?
– Chépa, mais un truc pour danser.
– Tu t'appelles comment ?
– Marion.
– C'est un très joli prénom. Moi c'est Fabien.
– Merci ! Bonsoir Fabien.
– Alors tu veux danser ?
– Oui !
– Bon alors reviens 3 feuillets en arrière dans le classeur, y'a un truc pour toi.
– Lequel ?
– Çui où qu'y a écrit Orcherstra Baobab
– C'est quoi ?
– De la zique africaine qui remue le popotin.
– ??? connais pas.
– Tu préfères une compil' de Joy Division ? [Control]
– Euh… mais c'est quoi tous ces machins ?
– Ben y'a un truc top-chouette-banana pour remuer le derche, et d'autres un peu moins marrants.
– Alors on met ça ?
– Ben si tu veux danser, oui. Je peux te faire un bisou ?
– Miam !
Stéphane, le serveur, a envoyé la zique (sur le magnifique ampli à lampes du lieu ! je veux le même putain ! – un peu dans ce genre là, je ne me souviens plus de la marque : faudra que j'en fasse une photo un jour), mais je n'ai pas vu la petite Marion danser.
On m'a dit qu'elle s'était tirée assez vite, en fait.
Moi je croyais qu'elle voulait danser.
LES FILLES SONT PAS DES MECS BIEN.
C'qu'est bien, en revanche, c'est que l'Orchestra Baobab fait aussi des chansons mélancoliques.

Dée Moo Woor (de l'album "Specialist in all styles") – Orchestra Baobab
05:38 Publié dans Tranches de lard | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
17.05.2008
Message de service
Ce con de blog va être sujet à de nombreuses turbulences pour cause de tortures psychopathes de JPG, de GIF et de CSS.
Ne t'inquiète pas si tes yeux ont quelques mouvements de révulsion : y'aura de la tripe à l'air et de la cervelle collée au plafond. Mais tout va bien se passer.
Fin des travaux prévue… à la satisfaction de mon orgueil démesuré. (vers 3517 après Jean-Claude, environ)
Merci au message d'encouragement.
Merci au papotage de sourires et chaleur de salade et brochettes de veau de dinde aux nouilles.
Je vais pas faire le sale gosse teigneux pour une fois. Vous avez gagné : je me suis fait encerclé. J'abdique.
Hop ! au boulot. (dans les milieux informés, on s'autorise à penser que ce sera chocolat, vanille et orange amère, avec une note fleurie)
Bisou.

Bayaty – Ashkabad (du Turkmenistan à la sauce barbecue de ce gros con de Peter Gabriel qui pourri tout dans son studio avec son label RealWorld dès que les musiciens repartent chez eux, mais c'est déjà ça)
01:21 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
15.05.2008
Mmmmmffff…
Ça fait 2 semaines que je me dis qu'il faut que je fasse la déco de ce con de blog. Ch'uis pas sur que ça m'amuse.
Ça te plairait toi une déco à ma façon ? (j'vais pas me faire chier pour rien non plus ! hého !)
[le rose c'est sympa, mais c'est un peu chiant à la longue]
Et pis j'en ai marre des décos minimalistes. J'ai envie d'un truc rigolo. T'as des idées ?
Moi j'ai envie d'un truc trash, genre vomis de schtroumpf supporter du PSG au Mac Do du coin; mais ch'uis pas sur.

Strange (Libertango) – Grace Jones
01:12 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
13.05.2008
L'âge d'or
– Oué Zou ! t'as toujours plein d'idées !
– Merde ! ça se voit tant que ça ?
– Vas-y, fais pas ton dugland ! T'es chiant : c'est une bonne idée.
– Tu crois ? t'es sûr ?
– Quoi ? tu déconnais ?
– Nan, j'me fous pas d'ta gueule, mais j'y crois pas. C'est juste une idée, comme ça, c'est tout. Elle est peut-être très mauvaise, s'a s'trouve, en fait.
– Pourquoi ?
– Parce que j'en ai tout le temps des «bonnes idées». Et je me garde bien de les mettre en application.
– Pourquoi ?
– Parce qu'il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas. Et j'aime pas me tromper.
– Donc ?
– Donc on saura jamais si c'est une bonne idée. Et puis d'ailleurs on s'en fout : on fait pas le monde avec des idées.
– Ah ouais ? et avec quoi alors ?
– Avec des erreurs.
– C'est con, c'était une bonne idée…
– Ben vas-y toi ! J'te l'offre mon idée. Roule ma poule !
– Moi ?
– Ben ouais, pourquoi pas toi ?
– Ben chépa faire…
– Ah ? C'est tout ce qui t'arrête ? Tout s'apprend, tu sais. Alors ?
– Ben…
– Te fatigue pas va, je sais comment ça marche : tu préfères que ce soit moi qui bosse et me plante. Tu vois bien que c'est pas une bonne idée !

L'âge d'or – Léo Ferré
23:39 Publié dans Tranches de lard | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

